SORORITÉS / SONORITÉS

Récital voix et harpe

 CHAPELLE EXPIATOIRE
29 rue Pasquier, Paris 8

Samedi 16 Juin | 15H
Durée : ~50′

Marianne Seleskovitchmezzo soprano
Vincent Buffin | harpe

En partenariat avec le Centre des Monuments Nationaux.

Strozzi, Hildegard von Bingen, Garcia-Viardot, Garcia-Malibran-Beriot, Wieck-Schumannn, Fanny Hensel-Mendelssohn, Bonis, Boulanger, Saariaho…

« Homme, es-tu capable d’être juste ? C’est une femme qui t’en fait la question ; tu ne lui ôteras pas du moins ce droit.
Dis-moi ? qui t’a donné le souverain empire d’opprimer mon sexe ? ta force ? tes talents ?
Observe le créateur dans sa sagesse ; parcours la nature dans toute sa grandeur, dont tu sembles vouloir te rapprocher,
et donne-moi, si tu l’oses, l’exemple de cet empire tyrannique.
Remonte aux animaux, consulte les éléments, étudie les végétaux,
jette enfin un coup d’œil sur toutes les modifications de la matière organisée ;
et rends-toi à l’évidence quand je t’en offre les moyens ;
cherche, fouille et distingue, si tu le peux, les sexes dans l’administration de la nature.
Partout tu les trouveras confondus, partout ils coopèrent avec un ensemble harmonieux à ce chef-d’œuvre immortel.
L’homme seul s’est fagoté un principe de cette exception. Bizarre, aveugle ; boursouflé de sciences et dégénéré, dans ce siècle de lumières et de sagacité, dans l’ignorance la plus crasse, il veut commander en despote sur un sexe qui a reçu toutes les facultés intellectuelles ; il prétend jouir de la Révolution, et réclamer ses droits à l’égalité, pour ne rien dire de plus. »
Olympe de Gouges, Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne

C’est à toutes ses « sœurs en sons » que Marianne Seleskovitch a souhaité rendre hommage avec ce récital : reprenant l’antique alliance de la voix de femme et de la harpe, elle a choisi de nous faire entendre un véritable panorama de compositrices, du Moyen-Âge à nos jours. Ces voix et ces écritures féminines, il faut leur faire toute la place dont elles furent souvent privées : elles nous sont nécessaires parce qu’elles dessinent, même dans une lecture anachronique, un cheminement de la pensée féministe, une revendication du droit d’exister et de créer.